Tu viens de terminer une sortie facile de 21 miles sans gels et tu t’es senti bien, alors il est tentant de se demander si tu devrais courir longtemps sans t’alimenter pour préparer un marathon afin de mieux brûler les graisses. En général, non : s’entraîner volontairement à subir un gros coup de pompe risque davantage de réduire la qualité de l’entraînement et de retarder la récupération que d’améliorer ta condition pour le jour de course. Les sorties longues peuvent parfois commencer avec une faible disponibilité en glucides, mais il s’agit d’un outil d’entraînement précis et planifié, et non de la manière par défaut de s’entraîner.
Réponse rapide
Pour la plupart des personnes qui préparent un marathon, il faut s’alimenter pendant les sorties longues de plus d’environ 90 minutes. Commence à prendre des glucides tôt, plutôt que d’attendre d’avoir faim, de te sentir fatigué ou mentalement à plat. Un objectif pratique est de 30 à 60 grammes de glucides par heure ; les coureurs ayant un système digestif entraîné et des exigences de course plus élevées peuvent aller jusqu’à 90 grammes par heure en combinant plusieurs sources de glucides.
Terminer 21 miles sans gels ne prouve pas que tu n’avais pas besoin de t’alimenter. Tu as peut-être commencé avec des réserves de glycogène pleines, couru à une allure réellement facile, utilisé efficacement les glucides stockés, ou tout simplement toléré un coût de récupération qui n’est devenu évident que plus tard.
L’oxydation des graisses compte en marathon, mais la performance sur marathon dépend toujours fortement des glucides. L’objectif utile consiste à devenir en bonne condition aérobie et métaboliquement flexible tout en préservant la qualité des sorties longues importantes, des séances et de la récupération.
Pourquoi cela arrive
Ton corps stocke les glucides sous forme de glycogène dans les muscles et le foie. Même les coureurs bien nourris disposent de réserves limitées par rapport à l’énergie nécessaire pour un marathon. À mesure que l’allure augmente, les glucides deviennent de plus en plus importants, car ils peuvent fournir de l’énergie plus rapidement que les graisses. Les graisses constituent un excellent carburant de longue durée, mais elles ne peuvent pas couvrir entièrement les besoins d’un effort de marathon soutenu chez la plupart des coureurs.
Une sortie facile de 21 miles sans gels peut sembler gérable parce que plusieurs facteurs te protègent. Tu as peut-être consommé des repas riches en glucides la veille, pris un petit-déjeuner, couru par temps frais, maintenu une intensité bien inférieure à l’effort marathon et légèrement ralenti à mesure que la fatigue s’accumulait. Ces conditions sont très différentes d’une course de 26,2 miles à une allure régulière et volontaire.
L’expression « entraîner son corps à brûler les graisses » est souvent simplifiée à l’excès. L’entraînement d’endurance en lui-même améliore la capacité à utiliser les graisses aux intensités les plus faciles. Tu n’as pas besoin d’enchaîner des sorties longues qui épuisent tes réserves de glycogène pour obtenir cette adaptation. Ne pas assez s’alimenter peut augmenter l’utilisation des graisses pendant cette séance précise, mais cela peut aussi te faire courir moins vite, accroître l’effort perçu, altérer ta coordination et compromettre le jour ou les deux jours d’entraînement suivants.
Le problème caché est le coût d’opportunité. Une sortie longue n’est pas seulement une occasion de brûler des calories. C’est l’occasion de travailler l’allure, la technique sous fatigue, l’hydratation, l’alimentation de course et la confiance. Si tu termines régulièrement épuisé, tu risques de passer à côté des adaptations et des compétences mêmes que cette sortie devait développer.
Méthode étape par étape
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Détermine l’objectif de la sortie. Si la sortie longue comprend des blocs à allure marathon, une progression, des côtes ou une fin rapide, alimente-toi. Ces séances nécessitent des glucides fiables pour te permettre d’atteindre l’effort prévu sans transformer les derniers miles en mode survie. Pour une sortie aérobie courte et facile, l’alimentation avant la course peut être moins importante.
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Utilise la durée comme premier seuil. Pour les sorties de moins de 75 à 90 minutes à allure facile, de nombreux coureurs peuvent simplement manger normalement avant et boire selon leur soif. Pour les sorties de plus de 90 minutes, emporte des glucides. Pour les sorties longues de marathon de deux heures ou plus, considère l’alimentation comme une pratique standard.
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Commence plus tôt que ce qui te semble nécessaire. Prends ton premier gel, tes premières pâtes de fruits, ta boisson énergétique ou une autre source de glucides au bout d’environ 30 à 45 minutes. Puis répète toutes les 20 à 30 minutes selon le produit et ton objectif horaire. Attendre le 16e mile parce que tu te sens encore bien signifie souvent attendre que le glycogène baisse déjà rapidement.
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Progresse vers ton apport du jour de course. Commence par 30 à 45 grammes par heure si tu débutes avec l’alimentation pendant l’effort. Progresse vers 60 grammes par heure à mesure que ton estomac s’adapte. Si ton plan marathon prévoit 75 à 90 grammes par heure, entraîne-toi progressivement avec cette stratégie exacte en utilisant un mélange de produits à base de glucose ou de maltodextrine et de fructose.
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Adapte les liquides et le sodium aux conditions. Les glucides ne remplacent pas l’hydratation. Emporte de l’eau, utilise les ravitaillements ou prévois une boucle qui passe près d’une bouteille. En cas de chaleur, de forte transpiration ou si ta sueur est très salée, une boisson électrolytique ou une source de sodium peut être utile. Évite de copier le plan sodium d’un autre coureur sans tenir compte de ton propre taux de transpiration et des conditions.
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Évalue les 24 heures suivantes. Ne te limite pas à ce que tu as ressenti au 21e mile. Note si tu as connu un effondrement de l’allure en fin de sortie, des fringales intenses, des vertiges, un mauvais sommeil, des courbatures inhabituelles, de l’irritabilité ou une mauvaise sortie le lendemain. Ces signes suggèrent que l’approche sans alimentation n’était pas sans conséquence.
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Utilise les séances à faible apport énergétique avec parcimonie, si tu en fais. Un entraîneur peut occasionnellement prescrire une sortie facile avant le petit-déjeuner ou une courte sortie facile avec une disponibilité limitée en glucides. Garde une faible intensité, évite de le faire lorsque tu es épuisé ou blessé, et ne l’associe pas à une sortie longue, une séance de vitesse ou une semaine de vie particulièrement exigeante.
Erreurs courantes
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Erreur : considérer une sortie réussie sans alimentation comme la preuve que s’alimenter est inutile. Se sentir bien pendant une sortie ne revient pas à maximiser sa performance au marathon. À la place, compare la stabilité de l’allure, l’effort perçu, la récupération et ta capacité à courir le lendemain lors de sorties structurées de manière similaire.
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Erreur : garder les gels pour une urgence. Les gels fonctionnent mieux en prévention qu’en sauvetage. À la place, prends des glucides selon un horaire prévu avant que la baisse d’énergie, le brouillard mental et la dégradation de ta technique n’arrivent.
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Erreur : utiliser le coup de pompe comme entraînement à la force mentale. Un coup de pompe n’est pas une compétence spéciale pour le marathon. Il s’agit d’un épuisement important du glycogène qui peut rendre ta foulée moins contrôlée et ton entraînement moins productif. À la place, entraîne-toi à gérer la fatigue avec l’allure, les liquides et le plan d’alimentation que tu utiliseras en course.
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Erreur : tester un apport élevé en glucides uniquement le jour de course. Même un apport fondé sur des données scientifiques peut provoquer des troubles gastriques s’il n’est pas familier. À la place, teste les marques, les textures, le moment où tu bois et les quantités horaires sur plusieurs sorties longues.
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Erreur : ignorer l’intensité de la sortie longue. Un footing de 20 miles et 20 miles avec des segments à allure marathon n’ont pas les mêmes besoins énergétiques. À la place, augmente ton apport en glucides à mesure que la durée, l’allure, la chaleur et la difficulté de la séance augmentent.
Liste de contrôle ou tableau de décision
| Situation de sortie longue | Meilleure approche d’alimentation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Sortie facile de moins de 75 minutes | Repas habituels ; eau selon les besoins | Les réserves de glycogène sont généralement suffisantes. |
| Sortie facile de 90 à 120 minutes | Emporter 30 à 45 g de glucides par heure | Permet de créer une routine d’alimentation et protège la récupération. |
| Sortie de plus de 2 heures | Viser 45 à 60 g par heure | Une longue durée rend l’épuisement des glucides plus probable. |
| Sortie longue à allure marathon | Viser 60 g par heure ou ton objectif de course | Soutient la qualité et répète l’exécution en course. |
| Sortie par temps chaud, humide ou avec forte transpiration | Glucides plus liquides et électrolytes planifiés | La chaleur augmente la perte de liquides et l’effort perçu. |
| Séance occasionnelle facile à faible apport énergétique | La garder courte, facile et bien éloignée des entraînements difficiles | Limite les inconvénients d’une disponibilité réduite en glucides. |
Avant de partir pour une sortie longue de marathon, vérifie quatre éléments : la durée prévue, ton objectif de glucides par heure, l’accès à l’eau et le moment de ta première prise. Si tu ne peux pas les exprimer clairement, la sortie n’est pas encore une répétition de course utile.
Quand ces conseils ne s’appliquent pas
Toutes les sorties ne nécessitent pas un gel. Une sortie facile matinale de moins d’environ une heure ne requiert probablement pas de glucides pendant l’effort si tu manges suffisamment par ailleurs. Certains coureurs préfèrent aussi une petite collation avant de courir plutôt que de consommer de l’énergie pendant une sortie facile de 90 minutes, et cela peut fonctionner si l’énergie et la récupération restent bonnes.
Une séance volontairement pauvre en glucides peut avoir sa place dans un plan avancé guidé par un entraîneur, particulièrement pendant la préparation de base. Elle ne devrait pas servir à compenser une alimentation restrictive, à forcer une perte de poids ou à terminer répétitivement les sorties longues épuisé. Les coureurs atteints de diabète, ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire, des malaises récurrents ou des problèmes de santé affectant la nutrition devraient demander des conseils individualisés à un professionnel de santé qualifié ou à un diététicien du sport.
Arrête-toi et consulte un professionnel en cas de douleur thoracique, d’évanouissement, de vertiges persistants, d’essoufflement inhabituel ou de douleur qui modifie ta démarche. L’alimentation ne peut pas résoudre ces problèmes en toute sécurité.
Exemple réaliste
Prenons le cas d’un coureur qui prépare un marathon en quatre heures. Il effectue une sortie dominicale de 21 miles à une allure conversationnelle sans gels après un dîner et un petit-déjeuner riches en glucides. La sortie semble maîtrisée jusqu’aux trois derniers miles, lorsque son allure baisse et qu’il ressent une faim inhabituelle après l’effort. Sa sortie de récupération du lundi lui paraît difficile, et les intervalles prévus le mardi sont plus lents que prévu.
La meilleure conclusion n’est pas « Je peux courir 21 miles sans m’alimenter. » C’est plutôt « J’avais suffisamment d’énergie stockée pour terminer une sortie facile, mais je n’ai pas pratiqué la stratégie nécessaire pour mon marathon. » Lors de la prochaine sortie longue comparable, il prend un gel de 25 grammes au bout de 35 minutes puis toutes les 30 minutes, pour un total d’environ 50 grammes par heure. Il termine avec une allure plus stable, récupère mieux et découvre si ce produit convient à son estomac. C’est une information bien plus utile pour le marathon.
À retenir
Ne fais pas du coup de pompe un objectif d’entraînement. Pour préparer un marathon, alimente tes sorties longues de plus de 90 minutes et utilise les séances les plus longues et les plus spécifiques à la course pour répéter l’apport en glucides que tu prévois d’utiliser le jour J.
La règle de décision est simple : si la sortie est longue, chaude, rapide ou destinée à simuler les exigences du marathon, emporte de quoi t’alimenter et commence tôt. Réserve la course volontairement pauvre en énergie à des situations rares, faciles et bien planifiées, et non à une manière de prouver ta dureté mentale.
FAQ
Dois-je prendre des gels lors de chaque sortie d’entraînement marathon de 20 miles ?
Oui, la plupart des coureurs devraient prendre des gels ou une autre source de glucides lors de chaque sortie d’entraînement marathon de 20 miles. La sortie est suffisamment longue pour que l’alimentation soutienne un effort plus régulier, une meilleure récupération et une pratique précieuse pour le jour de course. Vise un début autour de 30 à 45 minutes et poursuis selon un horaire plutôt que d’attendre la fatigue. Ta quantité exacte dépend de l’allure, de la chaleur, de ta corpulence et de ta tolérance digestive, mais 45 à 60 grammes par heure constituent une fourchette de départ pratique pour de nombreux marathoniens.
Courir 21 miles sans gels peut-il améliorer l’adaptation à l’utilisation des graisses ?
Cela peut augmenter l’utilisation des graisses pendant cette sortie, mais ce n’est pas la manière la plus fiable d’améliorer une adaptation à l’utilisation des graisses adaptée au marathon. Un entraînement aérobie régulier, une allure raisonnable et des sorties longues constantes améliorent déjà ta capacité à utiliser les graisses lors des efforts plus faciles. Priver régulièrement ton corps d’énergie peut diminuer la qualité des séances et altérer la récupération, ce qui peut réduire la qualité globale de l’entraînement. Si tu utilises l’entraînement à faible apport énergétique, fais-le occasionnellement, à faible intensité et sur une durée plus courte qu’une sortie longue majeure de marathon.
Combien de glucides par heure dois-je consommer pendant les sorties longues de marathon ?
Commence par 30 à 60 grammes de glucides par heure pendant les sorties longues de marathon. Les nouveaux utilisateurs de gels réussissent souvent bien en commençant autour de 30 à 45 grammes par heure, puis en augmentant progressivement à mesure que leur système digestif s’adapte. Les marathoniens visant des efforts de course plus rapides peuvent bénéficier de 60 à 90 grammes par heure, en particulier lorsque les produits combinent du glucose ou de la maltodextrine avec du fructose. Répète la même quantité, le même type de produit et le même timing avant le jour de course plutôt que d’effectuer un changement brusque.
Est-ce mauvais si je n’ai pas faim pendant une sortie longue sans m’alimenter ?
Non, l’absence de faim ne signifie pas que tu n’as pas besoin de glucides pendant une sortie longue. L’exercice peut réduire l’appétit, et ton glycogène stocké ainsi que tes repas avant la course peuvent couvrir une grande partie du travail initial. La faim est aussi un signal tardif et peu fiable pour l’alimentation en course. Utilise plutôt la durée et l’intensité prévue : pour les sorties de plus de 90 minutes, commence à prendre des glucides selon un horaire même si tu te sens bien et n’as pas d’appétit.
Dois-je m’entraîner à avoir un coup de pompe pour savoir ce que cela fait pendant un marathon ?
Non, tu n’as pas besoin de t’entraîner à avoir un coup de pompe pour préparer un marathon. Un coup de pompe t’apprend que l’épuisement sévère du glycogène est pénible, mais il n’améliore pas l’exécution en course aussi efficacement que la pratique de l’allure, de la prise précoce de glucides, des liquides et de la résolution des problèmes sous une fatigue contrôlée. Tu peux naturellement ressentir une légère fatigue en fin de sortie à l’entraînement, et ce retour d’information est suffisant. L’objectif est d’éviter un effondrement énergétique majeur le jour de course, et non de te familiariser avec celui-ci.
Que dois-je faire si les gels me donnent mal au ventre pendant les sorties longues ?
Réduis la dose à chaque prise et entraîne-toi avec de l’eau avant d’abandonner complètement les gels. Essaie de prendre de petites quantités plus souvent, par exemple un demi-gel toutes les 15 minutes, et évite d’avaler des gels concentrés sans liquide sauf si le produit est conçu pour cela. Teste différentes textures, saveurs et combinaisons de glucides pendant des sorties longues faciles, et pas seulement lors de séances difficiles. Vérifie aussi si tu pars trop vite ou si tu consommes un petit-déjeuner inhabituel, car ces deux éléments peuvent aggraver les symptômes gastriques. Des symptômes persistants justifient les conseils d’un diététicien du sport.